Après la justice italienne qui soupçonne le neveu de l’ancien ministre des affaires étrangères d’être impliqué dans une grosse affaire de corruption et de pots-de-vin versés à des responsables algériens par la société Saipem en contre partie de contrats avec la Sonatrach, la justice canadienne enquête, à son tour, sur une autre affaire de pots-de-vin distribués par SNC-Lavalin Group à des responsables Algériens.
Les enquêteurs canadiens s’intéressent au même Farid Bejaoui qui aurait joué à l’entremetteur dans l’affaire Sonatrach-Saipem. Les mêmes noms cités dans l’enquête de la justice italienne redéfilent dans les investigations nord- américaines A ce titre, le journal canadien Globe and Mail, rapporte que la justice canadienne a ouvert une enquête sur les activités de SNC-LAVALIN GROUP en Algérie. Elle soupçonne particulièrement Farid Bejaoui. Il est, cette fois-ci présenté comme gestionnaire de fonds jet -set embauché pour aider à sécuriser au moins 1 milliard de dollars. Les autorités suisses, qui détiennent l’ancien directeur international de SNC-Lavalin de la branche construction, Riadh Ben Aissa, auraient découvert des versements de la société canadienne à des sociétés contrôlées par le neveu de Mohammed Bedjaoui.
Riadh Ben Aissa est accusé de blanchiment d’argent, des milliers de dollars, ainsi que d’avoir soudoyé des fonctionnaires en Afrique du nord pour l’obtention de contrats. SNC-Lavalin aurait entre autre versé 160 millions de dollars de commission à Saad Kadhafi, le fils du dictateur libyen éliminé. Pour l’Algérie la société canadienne est soupçonnée d’avoir pratiqué des commissions pour des contrats avec la Sonatrach. Entre 2000 et 2009, SNC-Lavalin a obtenu de nombreux contrats avec la socièté algérienne des hydrocarbures , notamment la construction d’une usine de traitement de gaz et des centrales électriques. Des contrats pour plus de 6 milliards de dollars. Ancien responsable de SNC-Lavalin, sous les ordres de Riadh Ben Aissa, Stéphane Roy a confirmé devant la cours suprême du Québec que la société a créé « une culture d’entreprise où il était de pratique courante de faire tout ce qui est nécessaire, y compris le paiement de commissions pour obtenir des contrats à l’étranger.»
Les auditions de la Justice italienne et les révélations des enquêteurs canadiens sont-elles de nature à aider la justice algérienne à mettre les moyens pour cerner tous ces transferts de l’argent du contribuable algérien ? L’avenir nous le dira.
Hamid Guerni
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