samedi 1 décembre 2012

La question qui fâche : Le Président Bouteflika fera-t-il un quatrième mandat à 77 ans?

La journaliste du quotidien arabophone Ennahar, Habiba Mahmoudi, l’aura appris à ses dépenses : poser au ministre de l’Intérieur, Dahou Ould Kablia, une question sur l’avenir politique du président Bouteflika l’expose à la moquerie. Au cours de la conférence de presse tenue vendredi 30 mai à Alger par le ministre de l’Intérieur pour annoncer les résultats des élections locales, la journaliste s’est hasardée à poser la question qu’il ne fallait pas du tout poser au ministre.

La journaliste : « Monsieur le ministre, est-ce que le président Bouteflika a l’intention de briguer un quatrième mandat surtout qu’il avait déclaré à Sétif « Jnani Tab » (mon temps est révolu) ? Sera-t-il candidat à un quatrième mandat ?»
Moqueur et inélégant, le ministre de l’Intérieur répond en substance : « Fi bali intiya li jnanek Tab (à mon avis, c’est votre temps qui est révolu). Vous posez là une question qui ne vous concerne nullement. Nous ne sommes pas encore aux présidentielles… »
Applaudissements et gloussements dans la salle de conférence alors que l’effrontée journaliste s’éclipse avec le sourire, presque gênée d’avoir posée la question.
Au final, le ministre de l’Intérieur se gardera de fournir une réponse à une question légitime d’autant plus que la journaliste n’a pas insisté pour obtenir une réponse de sa part.
Obséquieux
Mais au-delà de ce bref échange au cours duquel le ministre de l’Intérieur aura révélé autant sa goujaterie que son affligeant sens de la communication -Dahou Ould Kablia s’exprime dans un arabe approximatif -, il y a de vraies questions que l’opinion publique se pose et qui demeurent sans réponses.
Un quatrième mandat pour « Tab Jnanou »? Certes, nous n'en sommes pas encore là. En revanche, l'opinion publique, les journalistes, les ministres, les chancelleries, les responsables politiques, bref tout le monde se pose des questions.
Silencieux
Que fait aujourd’hui Bouteflika ? Se rend-il quotidiennement à son bureau ? Quel est son réel état de santé ? Souffre-t-il d’une maladie handicapante qui le tient éloigné de ses activités officielles ? Tient-il des réunions avec ses ministres ? Rencontre-t-il son Premier ministre qu’il a nommé en septembre dernier sans jamais le recevoir ?
Il y a encore d’autres questions à propos de ce président élu en 2009 pour un troisième mandat avec 90,24 % des suffrages.
Pourquoi ne prononce-il pas de discours à la nation ? Pourquoi ne s’adresse-t-il pas à ses concitoyens ? Pourquoi ne voyage-t-il pas à l’étranger ? A l’intérieur du pays ? Pourquoi n'a-t-il pas inauguré l’année judiciaire, l’année universitaire, alors que nous sommes le 30 novembre ?
Pourquoi Bouteflika n'a-t-il pas prononcé une seule phrase sur ces élections locales du 29 novembre, lui qui affirmait que les élections législatives de 2012 était un événement aussi important que le référendum pour l’indépendance de juillet 1962? Pourquoi encore les activités officielles du chef de l’Etat se limitent-elles depuis 2 mois, et bien avant, aux audiences protocolaires ?
Détaché
C’est qu’aujourd’hui, âgé de plus de 75 ans, le chef de l’Etat donne à voir l’image d’un dirigeant détaché de tout ce qui se passe dans son pays. On qualifierait son agenda de travail de comateux qu’on ne s’y tromperait pas. On qualifierait l'état dans lequel il a plongé l'Algérie de comateux qu'on ne s'y tromperait pas.
Travaille-t-il que ses concitoyens ignorent tout de ses activités. A-t-il une opinion sur la vie politique, économique, sociale, diplomatique du pays, que les Algériens l’ignorent totalement. Bouteflika donne à voir l’image d’un président absent, inactif, presque désintéressé, davantage attaché aux apparences, au protocole, au paraitre, tant et si bien que l'on assiste à une momification de la fonction présidentielle.
Avant donc de s’interroger pour savoir si Abdelaziz Bouteflika allait briguer ou non un quatrième mandat en 2014 à l’âge de 77 ans, il faudrait d’abord savoir comment a-t-il exercé les 43 mois de ce troisième mandat et de quelle manière compte-t-il encore passer les 17 mois qui le séparent de la fin de celui-ci.
Si le chef d’Etat devait poursuivre son rythme d’activités, d’ici le mois d'avril 2014, avec la même assiduité dont il fait preuve depuis au moins deux ans, sans doute que la question de son quatrième mandat deviendrait presque obsolète.



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